histoires concrétées

 
 

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Là où le touriste se résigne à lever les yeux, pour apercevoir enfin l’omniprésence des images portées par ces façades dignes d’intérêt, celles des monuments symboliques de la ville comme des vestiges calcaires colossaux ; le flâneur, lui, regarde un peu partout, s’approche du mur et, fatalement, entre en contact avec les pierres. Il découvre alors qu’elles sont toutes différentes. L’une a été taillée, l’autre simplement érigée, une encore visiblement habitée, puis possédée maintes fois, restaurée, comblée, déplacée, volée, retaillée, explosée, écroulée, abandonnée…
Comme si chaque pan de pierre le conviait soudainement à l’éveil des sens, à plonger nu à travers les ouvertures de la roche pour accompagner un de ces protagonistes de la mémoire jusqu’aux profondeurs des récits historiques enfouis dans l’épaisseur des murs de Coucy. […]

En interrogeant cette notion d’histoires au sein du domaine d’études Histoire, et en revendiquant la valeur de la fiction comme construction première – si ce n’est pour elle-même, comme Eugène Viollet-le-Duc titre ses ouvrages « Histoire d’un(e)… » – , il s’agit d’envisager le projet d’architecture en tant qu’érection d’histoires, supposant des méthodes exploratoires apophatiques, à l’heuristique sans garantie mais assurée d’une conviction : concevoir une histoire a priori, c’est prendre conscience que beaucoup d’autres se raconteront sur le projet réalisé.
Cela introduit, dès son esquisse mentale, une valeur de l’indétermination qui se doit d’être exprimée à travers des dessins pondérés : une recherche du nécessaire conduisant à une réalisation qui, par sa relativité, engage sa propre pérennité.

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