dima
  • rue des brigittines

    Parcours de quelques mètres à peine, passage surréaliste, pieds battant le pavé et façades délicates et colorées. Lille est loin déjà, bien plus qu’à quelques pas. C’est étrange, toutes les fenêtres que l’on voit ici, quel sentiment singulier de se sentir intrus dans la ville, cerné par tant de foyers. La démarche devient feutrée, le pas ralentit autant que la voix s’atténue. On scrute, on observe, du coin de l’œil toujours pour ne pas importuner d’un regard franc. Quand je crayonnais les proportions du boyau, les murs des soubassements aux chéneaux, j’étais comme un spectateur au premier rang. Et à chaque trait couché sur le papier, je me demandais comment était la vie derrière ces carreaux. La porte close et le rideau tiré, je ne désespérais pas pour autant. « Ils auront besoin de quelque chose, un jour ou l’autre, c’est évident » , bien qu’en attendant, j’avais trouvé par le crayon et l’imagination, le moyen d’entrer dans n’importe laquelle à tout instant.